Le schéma narratif est en quelque sorte l’ossature de l’histoire que vous racontez, en général il est constitué d’une situation initiale, d’une situation finale et de péripéties, le tout entrecoupé de diverses « éléments déclencheurs » et « résolutions ».
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PERSPECTIVE ET POINT DE VUE
1. Qui raconte ? La perspective narrative
Un récit comporte un narrateur qui le rapporte. On peut distinguer deux grands cas :
— soit le narrateur assume clairement le rôle de narrateur en racontant l’histoire à la première personne du singulier « JE » ;
— soit le narrateur s’efface devant ses personnages, se fait transparent, si bien que l’histoire semble se raconter d’elle-même, à la troisième personne du singulier.
Un récit comporte un narrateur qui le rapporte. On peut distinguer deux grands cas :
— soit le narrateur assume clairement le rôle de narrateur en racontant l’histoire à la première personne du singulier « JE » ;
— soit le narrateur s’efface devant ses personnages, se fait transparent, si bien que l’histoire semble se raconter d’elle-même, à la troisième personne du singulier.
Le lancement de l’intrigue : Exposition et déclencheur
Ce document est extrait du site "l'anthologiste", voir liens.
Le lancement de l’intrigue est un enjeu majeur dans le processus d’écriture d’une nouvelle. Il convient de capter immédiatement l’attention du lecteur, sans quoi… il zappe.
Le début d’une histoire contient deux composantes essentielles : l’exposition et l’élément déclencheur :
L’élément déclencheur
L’histoire est véritablement lancée à l’arrivée d’un événement que l’on nomme incident ou élément déclencheur et dont voici les caractéristiques :
Il doit concerner directement le protagoniste et provoquer une réaction.
Le héros d’une histoire est, par essence, celui qui réagit à l’élément déclencheur. Parfois, cet événement ne le vise pas spécifiquement, et ne touche pas que lui, mais il est celui qui réagit, c’est sa fonction dramatique première. Notons qu’un refus de réaction constitue en soi une réaction qui peut être temporairement justifiée.
Il doit bouleverser l’équilibre de vie du héros et générer un désir.
Il ne s’agit pas forcément d’un événement spectaculaire, le déclencheur de la plupart des histoires d’amour est un simple regard posé sur l’être aimé. On pourrait le comparer à un vase qui tombe par terre et qui doit nécessairement être brisé. S’il ne se brise pas, il suffit de le ramasser et l’histoire sera terminée. Cet événement doit occasionner pour le héros la prise de conscience d’un manque (il manque un vase). Le protagoniste va alors s’employer à combler ce manque. Cela devient son objectif, son désir le plus vif, et c’est cette volonté qui va soutenir tout le récit.
« Pourquoi fait-il tout ça ?
— Parce qu’il en a vraiment envie ! »
Il doit être connu du héros.
Le héros ne doit pas être en mesure d’ignorer que cet événement à eu lieu. L’élément déclencheur n’est pas l’événement lui-même, mais la prise de conscience par le héros de cet événement : Si la maison du héros brûle, le véritable déclencheur de l’histoire, c’est le moment où le héros apprend que sa maison brûle.
Il nécessite parfois un catalyseur et se décompose alors en deux parties. Dans ce cas, il est important de rapprocher ces deux parties au maximum.
Dans la nouvelle Petites pratiques Germanopratines, parue dans le recueil Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, Anna Gavalda expose une rencontre amoureuse. Le déclencheur est la rencontre avec un homme. Cette rencontre est en deux parties : 1) Elle le remarque dans la rue, ils se croisent et se sourient, elle ne s’arrête pas et imagine qu’il la suit du regard. 2) Elle s’apprête à traverser la rue quand il l’interpelle et l’invite à dîner.
Techniquement, l’incident déclencheur n’est pas le moment où elle le voit, parce que sa réaction (un sourire) ne lui permet pas d’atteindre son objectif (vivre une histoire d’amour avec cet homme), qui n’est alors qu’une pensée plaisante, mais pas l’objet d’un réel désir. Ce moment est un catalyseur qui va permettre à l’incident déclencheur d’être dynamique : l’homme l’invite à dîner. Elle est alors obligée de réagir. Le catalyseur est important : l’homme entreprend la femme parce qu’elle lui a sourit. L’histoire n’aurait pas été la même si l’homme avait surgi de nulle part dans son dos pour l’inviter à dîner. Elle aurait sans doute pris peur et l’aurait éconduit. Lorsque le catalyseur survient, il est important de faire suivre rapidement le déclencheur.
Il peut être négatif ou positif pour le héros.
Tout est possible. Bien entendu, un protagoniste couvert de bonnes fortunes tout au long de l’histoire est souvent moins empathique, mais le déclencheur peut être positif pour le héros : Le gain d’une somme d’argent, un nouvel emploi, un nouvel amour, une grossesse, la découverte d’un parent… Tout est envisageable, du moment que cet événement lance une histoire en générant un désir : l’argent l’éloigne d’amis qu’il va falloir récupérer, ce père retrouvé s’avère être un profiteur insupportable dont il faut se débarrasser ou lui donne envie de découvrir ce qu’on lui a caché de son enfance…
Il peut être le fruit du hasard.
Le hasard fait partie de la vie. Il est parfaitement acceptable dans un récit de fiction, mais la multiplication des hasards conduit au scepticisme. Deuxième point, plus un hasard intervient tardivement dans l’histoire, plus il risque d’être contesté par le lecteur. Une histoire peut être déclenchée par un hasard : « ils se croisent dans la rue, il tombe amoureux d’elle ». À l’inverse, une intrigue peut difficilement se conclure par un événement hasardeux : « alors qu’il est poursuivi par des créanciers qui ont décidé de le battre à mort, il s’engage dans une ruelle et tombe sur un sac poubelle oublié par des truands et qui contient des liasses de billets. Il rembourse alors ses dettes et reprend le cours de son existence ». À la fin d’une histoire, ce sont les choix et les actions du héros qui déterminent ce qui arrive.
L’exposition
Ce qui précède l’élément déclencheur s’appelle l’exposition. Cette partie a pour fonction de fournir au lecteur toutes les informations dont il a besoin pour comprendre le déclencheur et la réaction du héros. La taille de cette exposition varie selon le degré d’universalité du déclencheur : votre héros est policier, un crime a été commis, il n’y a besoin d’aucune explication préalable.
Dans les formats de récit longs, comme un film ou un roman, l’exposition peut parfois représenter 20, voire 25 % de l’histoire. Il faut créer une situation qui nécessite une succession de petits évènements mis bout à bout, il faut expliquer les raisons qui poussent le héros et parfois même l’antagoniste à agir comme ils le font. Dans une nouvelle, il est important d’être rapide, parce que le lecteur, s’il n’est pas interpellé immédiatement, risque de passer au texte suivant. La taille de votre exposition dépend aussi du genre auquel s’affilie votre histoire. Une histoire d’amour peut démarrer avec plus de vélocité qu’un drame par exemple.
Dans la nouvelle D’abacule à Aztèque (aadvark to aztec), de Christopher Chambers, choisie par Michael Connely pour paraître dans l’anthologie moisson noire, Miranda est une jeune femme qu’un concours de circonstances va pousser à l’adultère. Elle va tromper son mari une seule fois avec un jeune homme qui tombera amoureux et souhaitera la revoir, ce qui va conduire à un drame. L’exposition tient une place importante dans cette histoire. Le catalyseur est exposé au début du deuxième paragraphe : elle renverse avec sa voiture un jeune homme quelque peu pitoyable. Le déclencheur arrive en bas de la 5ème page : Il faisait du porte à porte pour vendre des encyclopédies, il a sonné chez elle, elle l’a reconnu et l’a invité à entrer et, alors qu’ils se font face sur le canapé, l’homme touche une tâche de naissance sur la cuisse de la femme (déclencheur). La femme le repousse, mais elle est troublée (désir). Au milieu de la page 7, soit à environ 35 % de l’histoire, elle l’embrasse et choisit de succomber au désir. Cette histoire démarre très lentement, parce que l’auteur a pris le soin d’expliquer pourquoi Miranda va finir par tromper son mari alors qu’elle n’y était pas prédisposée : elle est bien faite et les hommes la regardent, elle offre un café à l’homme qu’elle a renversé pour s’excuser, pendant leur conversation, elle rit comme elle n’avait pas ri depuis longtemps, son mari est un crétin, il consomme de la drogue, l’homme renversé fait des petits boulots, il pratique le porte à porte pour vendre des encyclopédies, il se retrouve chez elle par hasard…
Si votre déclencheur nécessite une exposition longue, vous devez la rendre attrayante. Voici deux techniques :
La promesse thématique
C’est la technique employée par Chambers. Voici la première phrase de la nouvelle : « Miranda Wheeler, en théorie, était opposée à l’adultère. » Cette phrase est primordiale, parce qu’elle permet au lecteur de savoir où l’auteur va en venir. Le déclencheur n’est pas encore arrivé, mais il est déjà annoncé. C’est comme si l’auteur nous disait : « voilà ce qui va arriver, mais soyez un peu patient, je commence d’abord par vous expliquer comment on va en arriver là. » En découvrant cette phrase accrocheuse, je savais que je lirais cette nouvelle jusqu’au bout, c’est brillant !
Le mystère
Un mystère suscite toujours l’intérêt du lecteur. Un simple dialogue « j’ai une grande nouvelle à t’annoncer ! », et le public se demande de quoi il s’agit. N’hésitez pas à introduire du mystère : « mais, qu’est-ce qu’il y a dans cette mallette ? » Il est préférable que ce mystère ne soit pas gratuit, mais on vous pardonnera un petit artifice s’il soutient une exposition un peu lente
Structure de la nouvelle
STRUCTURE DE LA NOUVELLE
Deux définitions très larges : « un événement inouï qui a eu lieu » pour Goethe et pour Gide « la nouvelle est faite pour être lue d’un coup, en une fois ».
Récit de fiction, la nouvelle est faite d’une série d’évènements racontés se déroulant avec des personnages dans un lieu et un temps donné. C’est en quelque sorte le contenu de l’histoire.
Ecriture automatique
Voici deux textes : l'un présente la définition du Surréalisme que donnait André Breton dans le Premier Manifeste du Surréalisme, le second est une tentative de description, par Breton lui-même de son art d'écrire.
Texte 1. Définition du Surréalisme - André Breton, Manifeste du Surréalisme, 1924 :
"SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.
Texte 2. André Breton, Premier Manifeste du Surréalisme, 1924, J.J. Pauvert :
"Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Écrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. Il est assez difficile de se prononcer sur le cas de la phrase suivante; elle participe sans doute à la fois de notre activité consciente et de l'autre, si l'on admet que le fait d'avoir écrit la première entraîne un minimum de perception. Peu doit vous importer, d'ailleurs; c'est en cela que réside, pour la plus grande part, l'intérêt du jeu surréaliste. Toujours est-il que la ponctuation s'oppose sans doute à la continuité absolue de la coulée qui nous occupe, bien qu'elle paraisse aussi nécessaire que la distribution des noeuds sur une corde vibrante. Continuez autant qu'il vous plaira. Fiez-vous au caractère inépuisable du murmure. Si le silence menace de s'établir pour peu que vous ayez commis une faute: une faute, peut-on dire, d'inattention, rompez sans hésiter avec une ligne trop claire. A la suite du mot dont l'origine vous semble suspecte, posez une lettre quelconque, la lettre 1 par exemple, toujours la lettre 1, et ramenez l'arbitraire en imposant cette lettre pour initiale au mot qui suivra."
Jeux d’écriture automatique
Le dialogue en 1928, en 1934 et en 1954
C'est un jeu de questions / réponses dont les éléments sont cachés l'un à l'autre :Une phrase " C'est... " répond à une question cachée " Qu'est-ce que... ".Le répondeur ne sait jamais quel est le contenu de la question à laquelle il répond.Beaucoup de jeux obéissent à ce principe d'une rencontre fortuite entre des éléments divers.
Il existera plusieurs variantes :
Entre joueurs : un joueur doit poser la question commençant par " Qu'est-ce que... " La question est automatiquement cachée. Le joueur suivant " répond ", sans voir la question, par une phrase commençant par " C'est... "
Un Joueur appelle le jeu " historique " : pour "répondre" au premier joueur, le deuxième joueur demande à tirer au sort une réponse que l'un des surréalistes a rédigé, en 1928, dans La Révolution surréaliste.
Quelques exemples :
· Qu'est-ce que la liberté ? C'est une multitude de petits points multicolores dans les paupières. (1928) · Qu'est-ce que le printemps ? C'est une lampe alimentée par des vers luisants. (1928)
Qu'est que la jeunesse ? C'est un filou. (1934)
· Qu'est-ce que de ne pas savoir ? C'est un aigle aveugle guidé par sa proie. (1934)
Le dialogue en 1929
C'est encore un jeu de questions / réponses avec des éléments cachés. Le principe et les variantes seront les mêmes que pour le jeu précédent. Mais la question devra commencer par "Si" ou "Quand" et la réponse être au conditionnel ou au futur.
Quelques exemples :
· Si tout s'envolait un jour de grand vent
- Les somnambules se promèneraient plus que jamais sur le bord des toits.
· Quand les couleurs n'auront aucun éclat
- L'œil ira voir l'oreille.
Les cadavres exquis
" Jeu de papier plié qui consiste à faire composer une phrase ou un dessin par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles puisse tenir compte de la collaboration, ou des collaborations précédentes " (André Breton et Paul Éluard)
Entre joueurs : un joueur écrit un " sujet " qui est ensuite caché. Un joueur suivant écrit un " verbe ", sans voir le " sujet ", puis un troisième écrit un " complément " sans connaître ce qu'ont fait les deux joueurs précédents. La phrase est alors dévoilée.
Un Joueur et le jeu " historique " : un joueur écrit soit le " sujet ", soit le " verbe ", soit le " complément ". Les éléments manquants de la phrase sont alors puisés dans le répertoire des phrases créées de cette manière par les surréalistes.
Le cadavre exquis - boira - le vin nouveau
Aragon, la force entraînante de l'incipit
Œuvre et vie marquées par des engagement différents: aux textes provocants et éclatants d'invention du jeune surréaliste succède la production plus "rangée" du communiste et du chantre d'Elsa: réalisme socialiste des romans du Monde réel, retour à la poésie versifiée avec les recueils de la Résistance et les poèmes d'amour, jusqu'à ce que la crise politique de 1956 (déstalinisation) amène un renouveau des formes et de l'inspiration.
Cpdt, unité de cette œuvre discontinue se révèle ds la permanence chez l'homme et l'écrivain d'un questionnement sur soi et de la référence au surréalisme.
16a. Postface des Cloches de Bâle, 1964
le mécanisme de la création romanesque y est évoqué de manière concrète. 30 ans après sa publication, A rapporte comment il a écrit ce roman à partir d'une phrase venue spontanément ss sa plume et tt de suite comme la phrase initiale d'un texte. A l'origine du processus créateur, il y a dc une expérience voisine de celle décrite ds le Manifeste du surréalisme où Breton raconte sa découverte de l'écriture automatique, qui a constitué la pierre de touche du premier surréalisme.
"j'écrivis, tout à fait comme si j'étais encore eu temps de l'écriture automatique, une phrase, une première courte phrase, comme une provocation. Le type de phrase qu'il m'eût naguère encore paru inadmissible d'écrire (nb: allusion à la double condamnation du réalisme et du roman par les surréalistes). Tout ce qu'il y avait d'inconscient ici, c'était le caractère d'incipit de cette phrase: je l'imaginais dans une table des matières…Cela ne fit rire personne quand Guy appela M. Romanet papa (…) au-delà de ces mots s'enchaînait, s'articulait un livre épais, une histoire cohérente, un roman".
16b. Je n'ai jamais appris à écrire ou les Incipit, 1969
L'incipit y voit sa fonction créatrice systématisée. "conjonction de mots" donnée par "accident" et engendrant l'ensemble du roman, il constitue le germe d'une création qui s'opère en dehors de la conscience du romancier: l'auteur est un autre. Ce processus créateur répond à une nécessité intérieure et constitue une aventure personnelle. L'entreprise romanesque perd ainsi cette apparence de jeu gratuit et pauvrement inventé qui lui valait le mépris de Breton.
"Mes romans, à partir de la première phrase, du geste d'échangeur qu'elle a comme par hasard, j'ai toujours été devant eux dans l'état d'innocence d'un lecteur. Tout s'est toujours passé comme si j'ouvrais sans rien en savoir le livre d'un autre, le parcourant comme tout lecteur, et n'ayant à ma disposition pour le connaître autre méthode que sa lecture. Comprenez-moi bien: ce n'est pas manière de dire, métaphore ou comparaison, je n'ai jamais écrit mes romans, je les ai lus."
Quelques célèbres incipits
Incipit :
n. m. invar.
ÉTYM. 1840; mot lat., 3e pers. sing. indic. prés. de incipere « commencer ».
u Didactique.
1 Premiers mots (d'un manuscrit, d'un livre…). | Catalogue citant les incipit des ouvrages répertoriés.
Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.
L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
L’étranger, Albert Camus
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : "Je m'endors". Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j'étais libre de m'y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j'étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j'entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d'un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l'étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu'il suit va être gravé dans son souvenir par l'excitation qu'il doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour.
Du côté de chez Swann, Proust
Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
LE MAÎTRE: C'est un grand mot que cela.
JACQUES: Mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet.
LE MAÎTRE: Et il avait raison... Après une courte pause, Jacques s'écria: Que le diable emporte le cabaretier et son cabaret!
LE MAÎTRE: Pourquoi donner au diable son prochain ? Cela n'est pas chrétien.
JACQUES: C'est que, tandis que je m'enivre de son mauvais vin, j'oublie de mener nos chevaux à l'abreuvoir. Mon père s'en aperçoit; il se fâche. Je hoche de la tête; il prend un bâton et m'en frotte un peu durement les épaules. Un régiment passait pour aller au camp devant Fontenoy; de dépit je m'enrôle. Nous arrivons; la bataille se donne.
LE MAÎTRE: Et tu reçois la balle à ton adresse.
JACQUES: Vous l'avez deviné; un coup de feu au genou; et Dieu sait les bonnes et mauvaises aventures amenées par ce coup de feu. Elles se tiennent ni plus ni moins que les chaînons d'une gourmette. Sans ce coup de feu, par exemple, je crois que je n'aurais été amoureux de ma vie, ni boiteux.
LE MAÎTRE: Tu as donc été amoureux ?
JACQUES: Si je l'ai été!
LE MAÎTRE: Et cela par un coup de feu ?
JACQUES: Par un coup de feu.
LE MAÎTRE: Tu ne m'en as jamais dit un mot.
JACQUES: Je le crois bien.
LE MAÎTRE: Et pourquoi cela ?
JACQUES: C'est que cela ne pouvait être dit ni plus tôt ni plus tard.
LE MAÎTRE: Et le moment d'apprendre ces amours est-il venu ?
JACQUES: Qui le sait ?
LE MAÎTRE: A tout hasard, commence toujours...
Jacques commença l'histoire de ses amours. C'était l'après-dîner: il faisait un temps lourd; son maître s'endormit. La nuit les surprit au milieu des champs; les voilà fourvoyés. Voilà le maître dans une colère terrible et tombant à grands coups de fouet sur son valet, et le pauvre diable disant à chaque coup: "Celui-là était apparemment encore écrit là-haut..." Vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous faire attendre un an, deux ans, trois ans, le récit des amours de Jacques, en le séparant de son maître et en leur faisant courir à chacun tous les hasards qu'il me plairait.
Qu'est-ce qui m'empêcherait de marier le maître et de le faire cocu ? d'embarquer Jacques pour les îles ? d'y conduire son maître ? de les ramener tous les deux en France sur le même vaisseau ? Qu'il est facile de faire des contes! Mais ils en seront quittes l'un et l'autre pour une mauvaise nuit, et vous pour ce délai.
Jacques le Fataliste, Denis Diderot
Les murs de la cellule étaient nus, peints à la chaux. Une fenêtre étroite et grillée, percée très haut de façon qu'on ne pût pas y atteindre, éclairait cette petite pièce claire et sinistre; et le fou, assis sur une chaise de paille, nous regardait d'un oeil fixe, vague et hanté. Il était fort maigre avec des joues creuses et des cheveux presque blancs qu'on devinait blanchis en quelques mois. Ses vêtements semblaient trop larges pour ses membres secs, pour sa poitrine rétrécie, pour son ventre creux. On sentait cet homme ravagé, rongé par sa pensée, par une Pensée, comme un fruit par un ver. Sa Folie, son idée était là, dans cette tête, obstinée, harcelante, dévorante. Elle mangeait le corps peu à peu. Elle, l'Invisible, l'Impalpable, l'Insaisissable, l'Immatérielle Idée minait la chair, buvait le sang, éteignait la vie. Quel mystère que cet homme tué par un Songe ! Il faisait peine, peur et pitié, ce Possédé ! Quel rêve étrange, épouvantable et mortel habitait dans ce front, qu'il plissait de rides profondes, sans cesse remuantes ?
Le médecin me dit: "Il a de terribles accès de fureur, c'est un des déments les plus singuliers que j'ai vus. Il est atteint de folie érotique et macabre. C'est une sorte de nécrophile. Il a d'ailleurs écrit son journal qui nous montre le plus clairement du monde la maladie de son esprit. Sa folie y est pour ainsi dire palpable. Si cela vous intéresse vous pouvez parcourir ce document." Je suivis le docteur dans son cabinet, et il me remit le journal de ce misérable homme. "Lisez, dit-il, et vous me direz votre avis."
Voici ce que contenait ce cahier:
La chevelure, Maupassant
Comme tous les hommes de Babylone, j'ai été proconsul ; comme eux tous esclave ; j'ai connu comme eux tous l'omnipotence, l'opprobre, les prisons. Regardez : à ma main droite il manque l'index. Regardez ; cette déchirure de mon manteau laisse voir sur mon estomac un tatouage vermeil ; c'est le deuxième symbole, Beth. Les nuits de pleine lune, cette lettre me donne le pouvoir sur les hommes dont la marque est Ghimel, mais elle me subordonne à ceux d'Aleph, qui les nuits sans lune doivent obéissance à ceux de Ghimel. Au crépuscule de l'aube, dans une cave, j'ai égorgé des taureaux sacrés devant une pierre noire. Toute une année de lune durant, j'ai été déclaré invisible : je criais et on ne me répondait pas, je volais le pain et je n'étais pas décapité. J'ai connu ce qu'ignorent les Grecs : l'incertitude. Dans une chambre de bronze, devant le mouchoir silencieux du strangulateur, l'espérance me fut fidèle ; dans le fleuve des délices, la panique. Pythagore, si l'on croit le récit émerveillé d'Héraclide du Pont, se souvenait d'avoir été Pyrrhus, Euphorbe, et avant Euphorbe encore quelque autre mortel ; pour me remémorer d'analogues vicissitudes je puis me dispenser d'avoir recours à la mort, et même à l'imposture.
Je dois cette diversité presque atroce à une institution que d'autres républiques ignorent ou qui n'opère chez elles que de façon imparfaite et obscure : la loterie. Je n'en ai pas scruté l'histoire : il ne m'échappe pas que les magiciens restent là-dessus divisés ; toute la connaissance qui m'est donnée de ses puissants desseins, c'est celle que peut avoir de la lune l'homme non versé en astrologie. J'appartiens à un pays vertigineux où la loterie est une part essentielle du réel ; jusqu'au présent jour, j'avais pensé à elle aussi peu souvent qu'à la conduite des dieux indéchiffrables ou de mon propre cœur. Aujourd'hui, loin de mon pays et de ses chères coutumes, c'est avec quelque surprise que j'évoque la loterie et les conjectures blasphématoires que sur elle, à la chute du jour, vont murmurant les hommes voilés.
Mon père me rapportait qu'autrefois - parlait-il d'années ou de siècle ? - la loterie était à Babylone un jeu de caractère plébéien. Il racontait, mais je ne sais s'il disait vrai, que les barbiers débitaient alors contre quelques monnaies de cuivre des rectangles d'os ou de parchemin ornés de symboles. Un tirage au sort s'effectuait en plein jour, et les favorisés recevaient, sans autre corroboration du hasard, des pièces d'argent frappées. Le procédé était rudimentaire, comme vous le voyez.
La loterie à Babylone, in Fictions, Jorge Luis Borgès
Origine d'une expression
Imaginer l'origine d'une expression courante, en racontant l'anecdote où elle a été employée pour la première fois, et comment elle est devenue célèbre.
Exemples :
Rouler sa bosse.
Avoir la gueule de bois.
Avoir le bras long.
Faire le bouche trou.
Avoir les yeux plus gros que le ventre..
Avoir la puce à l'oreille.
Eveiller l'attention, la méfiance, les soupcons (avoir l'attention éveillée, se douter de quelque chose ou se méfier de quelqu'un).
Oncques ne vit-on membre de la gent féminine se mettre une charmante petite puce en guise de boucle d'oreille !...
Et pourtant ! Cette expression a changé de sens au cours des siècles... ... Au XIIIe siècle, elle signifiait alors "provoquer ou avoir un désir amoureux", sens que Jean de la Fontaine utilisait encore dans ses 'Contes' : « Fille qui pense à son amant absent
Toute la nuit, dit-on, à la puce à l'oreille Toute la nuit, dit-on, à la puce à l'oreille »
... ...
Parallèlement, dès le XIVe siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu'un était supposé parler de vous.
C'est probablement l'association de ces bizarres démangeaisons ('méfiez-vous, quelqu'un dit du mal de vous !') et de l'inquiétude de quelqu'un ayant
... ... Parallèlement, dès le XIVe siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu'un était supposé parler de vous. C'est probablement l'association de ces bizarres démangeaisons ('méfiez-vous, quelqu'un dit du mal de vous !') et de l'inquiétude de quelqu'un ayant la puce à l'oreille qui a donné le sens moderne de cette expression...
Cette expression, bien que très ancienne, est pourtant d'une grande modernité puisque nos animaux domestiques ont maintenant la puce (électronique) à l'oreille, en guise de tatouage.
Et pourtant ! Cette expression a changé de sens au cours des siècles... ... Au XIIIe siècle, elle signifiait alors "provoquer ou avoir un désir amoureux", sens que Jean de la Fontaine utilisait encore dans ses 'Contes' : « Fille qui pense à son amant absent
Toute la nuit, dit-on, à la puce à l'oreille Toute la nuit, dit-on, à la puce à l'oreille »
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Parallèlement, dès le XIVe siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu'un était supposé parler de vous.
C'est probablement l'association de ces bizarres démangeaisons ('méfiez-vous, quelqu'un dit du mal de vous !') et de l'inquiétude de quelqu'un ayant
... ... Parallèlement, dès le XIVe siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu'un était supposé parler de vous. C'est probablement l'association de ces bizarres démangeaisons ('méfiez-vous, quelqu'un dit du mal de vous !') et de l'inquiétude de quelqu'un ayant la puce à l'oreille qui a donné le sens moderne de cette expression...
Cette expression, bien que très ancienne, est pourtant d'une grande modernité puisque nos animaux domestiques ont maintenant la puce (électronique) à l'oreille, en guise de tatouage.
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Exemple :
De tout temps, les puces et les hommes ont vécu en bonne intelligence: ces petits batraciens se nourrissant, comme chacun sait, du sang des humains, ils ont tout fait pour se rendre agréables à leurs victimes, en leur rendant de menus services...
Or, en 1861 av. J.C.. , vivait dans une forêt du Hoggar un bon roi qui avait sept filles. Il désespérait d'avoir un jour un héritier mâle, alors que ses filles n'attendaient que sa fin prématurée pour s'emparer du trône et des clés du royaume.
Un jour, lasses d'attendre, elles fomentèrent un complot pour le tuer, en lui racontant une histoire à mourir de rire.
Mais les deux puces favorites du roi, Syphonette et Crapotine, eurent vent du complot et, le jour où les conspiratrices voulurent passer à l'acte, les deux puces allèrent au fond des oreilles du roi et lui piquèrent les tympans, ce qui l'empêchât d'entendre le premier mot de l'histoire, et lui sauvèrent ainsi la vie.
D'où la signification de cette expression : Avoir une puce dans (ou à) l'oreille permet de déjouer les traquenards qui sont proférés par le moyen de la parole.
Anonyme.
La nouvelle
C’est un court récit fictif écrit en prose qui est apparu pour la première fois au Moyen-Age. Elle peut faire entre 2 et 30 pages.
Ses caractéristiques :
Nouvelle médiévale et classique |
- Jean Boccace
- Geoffrey Chaucer
- Bonaventure des Périers
- Noël du Fail
- Miguel de Cervantes
- Marguerite de Navarre
- Nicolas de Troyes, début du XVIe siècle
- Angelin Gazet
- Jean de la Fontaine
Période moderne
- Dominique Vivant Denon (1747-1825)
- Johann von Gœthe (allemand, 1749-1832)
- Honoré de Balzac (1799-1850). Voir Catégorie:Nouvelle de la Comédie humaine
- Prosper Mérimée (1803-1870)
- Gérard de Nerval (1808-1855)
- Edgar Allan Poe (américain, 1809-1849)
- Théophile Gautier (1811-1872)
- Henry James (américain, 1843-1916)
- Joris-Karl Huysmans (1848-1907)
- Octave Mirbeau (1848-1917)
- Guy de Maupassant (1850-1893). Voir Liste des nouvelles de Guy de Maupassant
- Robert Louis Stevenson (écossais, 1850-1894)
- Anton Tchekhov (russe ,1860 - 1904). Voir Liste des nouvelles d'Anton Tchekhov
- Arthur Conan Doyle (écossais, 1859–1930),
- Luigi Pirandello (italien, 1867-1936)
- Somerset Maugham (britannique, 1874-1965)
- Stefan Zweig (autrichien, 1881-1942)
- David Herbert Lawrence (britannique, 1885-1930)
- Jean de La Varende (1887-1959)
- Paul Morand (1888-1976)
- Katherine Mansfield (néo-zélandaise, 1888-1923)
- Francis Scott Fitzgerald (américain, 1896-1940)
- Vladimir Nabokov (russe, 1899-1977)
- Jorge Luis Borges (argentin, 1899-1986)
- Howard Phillips Lovecraft (américain, 1890-1937)
- Marcel Aymé (1902-1967)
- Marguerite Yourcenar (1903-1987)
- Robert Ervin Howard (américain, 1906–1936)
- Fredric Brown (américain, 1906-1972)
- Dino Buzzati (italien, 1906-1972)
- Ernesto Sabato (argentin, 1911-)
- Julio Cortazar (argentin, 1914-1984)
- Roald Dahl (gallois, 1916-1990)
- Carson McCullers (américaine, 1917-1967)
- Juan Rulfo (mexicain, 1917-1986)
- J. D. Salinger (américain, 1919-2010)
- Clarice Lispector (brésilienne, 1920-1977)
- Isaac Asimov (américain, 1920-1992)
- José Manuel Castañón (espagnol, 1920-2001)
- Boris Vian (1920- 1959)
- Mario Benedetti (uruguayen, 1920-2009)
- Leonardo Sciascia (italien, 1921-1989)
- Patricia Highsmith (américaine, 1921-1995)
- Augusto Monterroso (guatémaltèque, 1921-2003)
- Daniel Boulanger (1922-)
- Italo Calvino (italien, 1923-1985)
- Richard Matheson (américain, 1926-)
- Annie Saumont (1927-)
- Philip K. Dick (américain, 1928-1982)
- Leonard Michaels (américain, 1933-2003)
- Georges Leonardos (grec, 1937-)
- Raymond Carver (américain, 1938-1988)
- Franck Pavloff (1940-)
- Danièle Sallenave (1940-)
- Frédéric H. Fajardie (auteur du plus grand nombre de nouvelles au xxe siècle : 365, 1947-2008)
- Georges-Olivier Châteaureynaud, (1947-)
- Hubert Haddad, (1947-)
- Didier Daeninckx (1949-)
- Quim Monzó (catalan, 1952-)
- Éric-Emmanuel Schmitt (1960-)
- Bernard Werber (1961-)
- Éric Faye (1963-)
- Amélie Nothomb (1967-)
Nouveaux auteurs période contemporaine
- Jean-Louis M. Monod (1938-)
- Georges Thibeaux (1938-)
- Cyrille Fleischman (1941-2010)
- Nadine Ribault (1964-)
- Charbel Tayah (1953-)
- Bernard Quiriny (1978-)
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